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Organisation, mobilisation, syndicalisation

L’atelier d’éducation « Organisation, mobilisation, syndicalisation » a porté sur la création d’espaces inclusifs et les nouveaux moyens de s’organiser au sein du mouvement syndical. Les participantes et les participants ont entendu parler de l’accroissement de l’engagement des membres et de la base de militantes et militants. Ensuite, ils ont lancé des idées sur les moyens d’accroître l’engagement dans leurs propres communautés.

Jose La Luz, syndicaliste et organisateur étatsunien, a dit que les gouvernements et les entreprises s’efforcent de domestiquer les syndicats. « Faire partie d’un syndicat domestiqué, c’est pire que de ne pas être syndiqué », a-t-il précisé, « parce que le syndicat domestiqué permet à l’employeur de prétendre qu’il s’occupe des sujets d’inquiétude des travailleurs et travailleuses pendant qu’il exige de plus en plus de concessions ».

Quelle solution propose-t-il?

« Il faut s’organiser sans répit », a-t-il précisé, ajoutant que la solidarité internationale est de plus en plus importante. « Nous devons nous opposer à la réduction des droits, où qu’elle se produise, car elle contribue à une course vers le fond. »

Il a signalé que de forts mouvements inclusifs prennent de l’expansion dans toute l’Amérique du Nord, comme la lutte pour le salaire minimum de 15 $ qui unit les immigrantes et les immigrants, les personnes à bas salaire et le mouvement qui a commencé en 2006 pour inciter la population immigrante à sortir de l’ombre et à célébrer le Premier mai.

Deena Ladd, cofondatrice et organisatrice du Worker’s Action Centre, a mis les syndicats au défi de déborder le cadre du recrutement traditionnel et a posé quatre bases des efforts à faire à cette fin : renforcement de la base, organisation structurale, établissement d’alliances et campagnes axées sur l’accroissement de la base.

Il arrive souvent que les personnes qui ont un emploi précaire travaillent une semaine et chôment la suivante, mais cela ne signifie pas qu’il faut les exclure des efforts d’organisation, a-t-elle indiqué.

« Ce n’est pas parce qu’une personne est en chômage qu’elle se foute de la justice sociale et des droits des travailleurs et travailleuses », a-t-elle précisé.

« Nous essayons de nouvelles techniques d’organisation. Nous courons des risques. Nous commettons des erreurs. Mais nous nous livrons à une réflexion critique. »

De nombreux travailleurs et travailleuses disent qu’ils ne se sentent pas à l’aise dans les espaces syndicaux pour différentes raisons, selon Jennifer Huang, organisatrice du Conseil du travail de Toronto et de la région de York. Elle a incité les organisateurs et organisatrices à communiquer en personne aux fins du recrutement plutôt que de compter sur le courriel et les communications écrites.

« La publicité payante et les campagnes ne peuvent pas remplacer le genre de conversations que nos membres auront quand ils rentreront dans leurs espaces communautaires. »

Jean-Pierre Maweja, organisateur de l’Association des travailleurs d’agence et du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants du Québec, a décrit les défis que présente la syndicalisation des travailleurs et travailleuses temporaires. Les lois sur l’immigration et l’emploi laissent les travailleurs et travailleuses sans options, ce qui rend facile aux agences de les exploiter.

« Les longs délais de reconnaissance des diplômes étrangers leur nuisent beaucoup et permettent aux agences de les faire travailler à peu de frais. Elles traitent des travailleurs et travailleuses très qualifiés comme une main-d’œuvre à bon marché sans respecter les lois sur le travail. »

M. Maweja a dit que, pour organiser ces travailleurs et travailleuses, l’agence dont il fait partie s’efforce d’établir des liens de confiance avec eux.

« Nous devons nous éduquer pour rendre les syndicats plus attrayants. Il importe de savoir écouter », a affirmé Marie Clarke Walker, secrétaire-trésorière nouvellement élue, à la fin de la séance.

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