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Le courage et la détermination peuvent nous permettre de faire appliquer la loi Westray

Plus de 3 000 déléguées et délégués à l’Assemblée générale du CTC ont marqué le 25e anniversaire du désastre de la mine Westray en rendant hommage aux 26 mineurs qui ont perdu la vie au cours de l’explosion de 1992 et en écoutant la famille d’une autre victime d’accident de travail.

Les déléguées et délégués sont restés debout en silence pendant qu’Hassan Yussuff, président du CTC, lisait les noms des 26 victimes de la Westray et les paroles du juge K. Peter Richard, qui a mené l’enquête publique sur le désastre et qui a déclaré qu’il avait découvert « une complexe mosaïque d’actions, d’omissions, d’erreurs, d’incompétence, d’apathie, de cynisme, de stupidité et de négligence ».

Malgré les années d’enquêtes policières et une enquête publique, personne n’a été tenu responsable des décès des 26 mineurs en fin de compte. Les Métallos ont fait des pressions politiques pendant des années et ont fait apporter des modifications au Code criminel pour que les employeurs puissent être reconnus coupables de négligence criminelle. Cependant, depuis son adoption en 2014, la loi Westray n’a donné lieu qu’à une poignée d’accusations criminelles et à une peine d’emprisonnement même si des milliers de décès et de blessures graves se produisent au travail chaque année.

C’est à l’application de la loi Westray que se voue la famille d’Olivier Bruneau, que les déléguées et délégués ont accueilli par une ovation debout. Olivier n’avait que 24 ans quand un bloc de glace lui est tombé dessus dans la fosse d’un chantier de construction à Ottawa le 23 mars 2016.

Sa conjointe Katia St-Jacques a déclaré aux déléguées et délégués qu’elle avait rencontré Olivier à l’école secondaire et qu’ils avaient commencé à vivre leur histoire d’amour quelques années plus tard. Ils avaient acheté une maison en 2014 et ils avaient des projets d’avenir.

« Nous étions prêts à fonder une famille. Olivier aurait été un père fantastique », a-t-elle dit à l’assemblée. « Nous nous pensions invincibles et nous avions de nombreux projets. Tout s’est effondré quand j’ai reçu un appel de l’hôpital ce matin-là. »

Le père d’Olivier, Christian Bruneau, a indiqué aux déléguées et délégués que des semaines avant la mort d’Olivier un autre travailleur avait été blessé sous une chute de glace. Le constructeur, Claridge Homes, avait déclaré à l’inspecteur du ministère du Travail qu’une interdiction d’entrer serait rigoureusement imposée pour assurer la sécurité du personnel.

Or, le chantier n’a été fermé que lorsqu’Olivier est mort le 23 mars.

« C’est la laxité de l’application de la loi qui a causé la mort d’Olivier », a dit M. Bruneau. « La loi est claire : il ne doit pas y avoir de glace sur le chantier. »

« On dirait que les accidents de travail mortels sont devenus la norme – c’est comme si on les trouvait normaux actuellement », a-t-il ajouté.

M. Bruneau a dit que l’annonce du 28 avril selon laquelle le gouvernement fédéral va collaborer avec le Congrès du travail du Canada ainsi que les provinces et les territoires pour assurer une meilleure application de la loi est une « grande réalisation ».

« Outre le leadership dont le gouvernement du Canada fait maintenant preuve, le courage et la détermination sont les deux facteurs les plus importants de l’application de la loi Westray », a-t-il ajouté.

Les déléguées et délégués ont été encouragés à signer la pétition « Souvenons-nous de Westray » du CTC qui incite les provinces et les territoires à mieux mettre la loi en application.

« Nous avons besoin de votre appui », a déclaré madame St-Jacques. « Ensemble, nous pouvons changer les choses. »

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