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Ce que le féminisme signifie pour moi : Forum des femmes du CTC

« Le feu dans les os, le combat dans le sang » furent les premiers mots du premier poème de la soirée lu au cours du Forum des femmes de l’Assemblée générale du CTC mettant en vedette trois artistes, chacune traitant de sa relation avec le féminisme et de ce qu’il signifie pour elle.

En tant que femmes racialisées d’ascendance autochtone, sud-asiatique et soudanaise, ces trois femmes ont traité de la lutte qu’elles livrent pour se représenter équitablement au sein du courant principal du féminisme, qui néglige souvent les voix des femmes de couleur.

Mahlikah Awe:re, également appelée MC AngelHeart, a commencé par une chanson accompagnée au tambour. Elle a traité de rétablissement du matriarcat, de reconstruction, de reprise en charge, de réveil, de ré-imagination et de régénération de la culture et de l’identité autochtones.

« Le mot féminisme n’entre pas en résonance avec la longueur d’onde sur laquelle je me trouve actuellement », a-t-elle dit à la foule. « Qu’est-ce que le rétablissement du matriarcat? Il consiste à remettre une culture à la place qui lui revient sans influence extérieure. Or, le féminisme se fonde encore sur certaines hypothèses du patriarcat. »

Jesse Kaur a traité du projet Kaur et de son examen de la diversité dans une communauté jugée monolithique par le courant principal de la société. « Que signifie le féminisme pour moi? C’est un prolongement de mon existence et de ma curiosité de raconter des histoires jamais entendues », a dit madame Kaur.

« Reprendre possession du nom Kaur, c’est un moyen d’égaliser les chances », a-t-elle indiqué. « Les Kaur représentent 48 % de notre communauté mais on ne les entend jamais. On ne voit ni n’entend jamais les femmes. Il a été important pour nous de nous doter d’une histoire, d’un patrimoine dans notre propre communauté. »

Elle a déclaré que le mouvement syndical et le projet Kaur ont beaucoup en commun. « Je crois que le mouvement syndical ressemble grandement au collectif Kaur. C’est un collectif qui vit, qui respire et qui travaille dur. Le mouvement syndical voit beaucoup plus qu’une entité mécanique dans la travailleuse ou le travailleur. »

La formatrice anti-oppression pluridisciplinaire Rania El Mugammar a traité de sa relation compliquée avec le féminisme.

« Je suis, au mieux, une féministe malgré moi. Comme tous les couples vivant le grand amour, le féminisme et moi nous sommes séparés et réunis à quelques reprises », a-t-elle déclaré au sujet de l’exclusion qu’elle a vécue du courant principal blanc du féminisme et des efforts qu’elle a faits pour comprendre son rôle de pionnière quand « le colonialisme n’est pas de l’histoire ancienne ou une note de bas de page » au sein de sa propre communauté et des communautés autochtones.

Bilan Arte, qui animait la soirée, a ensuite indiqué qu’elle avait été déconnectée du féminisme jusqu’à ce qu’elle participe à une réunion de la FCEE et voie des dirigeantes musulmanes et racialisées traitées comme des vedettes. Elle a incité les femmes présentes à se rappeler que des portes ont été forcées pour leur faire de la place et elle les a encouragées à continuer à ouvrir des portes.

La soirée s’est terminée par un hommage à une femme qui quitte le mouvement syndical pour prendre sa retraite, soit Barb Byers, secrétaire-trésorière du CTC. Des femmes de tout le pays ont partagé des souvenirs au sujet de la force et du militantisme de madame Byers ainsi que de l’encouragement et du mentorat qu’elle a assurés aux femmes.

Barb Byers a ensuite traité de son travail et encouragé toutes les personnes présentes à passer sur les erreurs qu’elles ont commises et à « se donner les uns les autres l’espace nécessaire pour apprendre ».

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